En 2026, Don’t Nod, le studio français derrière Life is Strange, Jusant et Banishers: Ghosts of New Eden, nous emmène aux confins du système solaire avec Aphelion. Développé en collaboration avec l’Agence Spatiale Européenne (ESA), ce titre d’action-aventure cinématique à la troisième personne suit Ariane et Thomas, deux astronautes dont la mission sur la planète Perséphone, un monde gelé inexploré, tourne au cauchemar. Sorti le 28 avril 2026 sur PS5, Xbox Series X/S (disponible day one sur Game Pass) et PC, Aphelion promet une expérience narrative immersive mêlant exploration, traversal, infiltration et une histoire humaine ancrée dans un cadre scientifique réaliste.

Une prémisse captivante et un univers sci-fi crédible

L’année 2060 : la Terre est devenue inhabitable. La découverte de Perséphone, une neuvième planète aux confins du système solaire, représente l’espoir ultime pour l’humanité. Ariane Montclair et Thomas Cross, un duo d’astronautes liés par une relation complexe et inachevée, sont envoyés à bord de la mission Hope-01 pour évaluer la viabilité de la colonisation.

Dès l’atterrissage chaotique, le vaisseau s’écrase et sépare le couple. Ariane, athlétique et déterminée, doit traverser des paysages hostiles pour retrouver Thomas, blessé et plus vulnérable, qui se concentre sur l’investigation et la survie. Ce double point de vue structure l’aventure en chapitres alternés, enrichissant la narration.

Ce qui frappe immédiatement, c’est le réalisme scientifique. La collaboration avec l’ESA se ressent : gravité à 0,8G, phénomènes atmosphériques, outils comme le Pathfinder, le grappin ou le réservoir d’oxygène. Perséphone n’est pas un monde fantastique générique ; c’est une planète glacée avec des décors surréalistes, des tempêtes mortelles, des réalités changeantes et des secrets enfouis sous la glace. Les influences (Interstellar, The Martian, Arrival, Alien) sont évidentes et bien digérées.

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L’atmosphère est oppressante à souhait : isolement total, vent hurlant, craquements de la glace, et cette présence invisible qui vous traque. Le sound design et la bande originale (signée Amine Bouhafa) sont excellents, renforçant l’immersion.

Graphismes et direction artistique : un festin visuel

Sur PS5, Aphelion tourne sur Unreal Engine 5 et impressionne. Les paysages gelés sont magnifiques : vastes étendues blanches contrastées par des anomalies colorées, grottes luminescentes, structures alien et effets de lumière sublimes (aurores, reflets sur la glace). Les animations faciales et les performances des acteurs (Vanessa Dolmen pour Ariane et Eric Geynes pour Thomas, en VF disponible) portent l’émotion.

Les cutscenes sont cinématographiques, avec une mise en scène soignée. Quelques baisses de fluidité ou textures moins fines dans les zones plus confinées rappellent le budget AA (environ 8,5 millions d’euros), mais l’ensemble reste visuellement premium pour un titre Don’t Nod. Les environnements destructibles ou changeants ajoutent de la variété.

Gameplay : ambitions élevées, exécution inégale

Aphelion mélange plusieurs genres. Pour Ariane : traversal intense avec saut, glissade, grappin et escalade momentum-based, inspiré de Uncharted ou Jusant mais plus accessible. Thomas : phases d’investigation, puzzles environnementaux et gestion des ressources.

Malheureusement, c’est ici que le bât blesse pour beaucoup de joueurs et critiques. Le traversal peut devenir répétitif et frustrant : contrôles parfois imprécis, chutes punitives, sections où l’on ne sait plus où aller. Les séquences d’infiltration contre le “Nemesis” (une entité hostile inspirée d’Alien: Isolation) sont tendues mais inégales – jank, détection capricieuse et frustration lors des échecs répétés.

Le jeu est linéaire, sans choix narratifs majeurs ni replayability élevée (une fin unique). Durée de vie : 10-15 heures selon le rythme. Les options d’accessibilité et de difficulté aident, mais les mécaniques manquent parfois de polish. Ce n’est pas un échec total – les moments de parkour fluide et d’exploration sereine sont jouissifs – mais on sent les limites techniques et de design.

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Scénario et personnages : le véritable cœur du jeu

C’est sur le plan narratif qu’Aphelion brille le plus. L’histoire dépasse le simple survival pour explorer des thèmes profonds : l’amour dans l’adversité, les regrets, le deuil, la responsabilité humaine face à la destruction environnementale, et l’espoir face à l’inconnu. La relation entre Ariane et Thomas, marquée par leur passé professionnel et personnel, est touchante et crédible. Leurs logs audio et dialogues (parfois un peu verbeux) renforcent l’émotion.

Certains critiques reprochent un rythme lent ou un manque d’événements majeurs (“nothing happens”), mais pour les amateurs de sci-fi introspective, c’est une force. La révélation sur Perséphone et l’entité est satisfaisante, bien que pas révolutionnaire. L’écriture, signée entre autres Leigh Alexander, évite les clichés tout en livrant un récit émouvant et grounded.

Points forts et points faibles

Points forts :

  • Univers sci-fi réaliste et immersif grâce à l’ESA.
  • Visuels époustouflants et atmosphère glaçante.
  • Narration émotionnelle forte et performances d’acteurs.
  • Bande-son mémorable.
  • Alternance de gameplay entre les deux personnages.
  • Valeur de production solide pour un AA.

Points faibles :

  • Gameplay traversal et infiltration inconstant et frustrant.
  • Linéarité extrême et replayability limitée.
  • Rythme parfois lent avec monologues répétitifs.
  • Quelques bugs et imprécisions techniques au lancement.

Verdict : À qui s’adresse Aphelion ?

Aphelion est un jeu ambitieux qui vise haut mais n’atteint pas toujours sa cible. Si vous êtes fan des expériences narratives de Don’t Nod, des récits sci-fi introspectifs (The Martian meets Alien), et que vous tolérez un gameplay plus “cinématique” que challengeant, vous passerez un excellent moment. C’est une belle lettre d’amour à l’exploration spatiale et aux liens humains.

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Pour les puristes d’action-aventure fluide comme Uncharted ou les fans de gameplay ultra-polish, les frustrations risquent de l’emporter. Sur Game Pass, c’est un essai sans risque idéal.

Aphelion Test : L’odyssée sci-fi glaçante de Don’t Nod vaut-elle le détour en 2026 ?
Mon Avis
Un beau voyage spatial terni par des aspérités techniques, mais qui mérite d'être vécu pour son ambiance et son histoire. Don't Nod continue d'oser des expériences singulières ; on attend la suite avec curiosité.
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