Paru le 17 avril 2026 sur PS5, Xbox Series X|S, PC et Nintendo Switch 2, Pragmata est la nouvelle IP originale signée Capcom. Développé sur le RE Engine, ce titre d’action-aventure science-fiction mélange shooter en troisième personne, mécanique de hacking en temps réel et une narration émotionnelle centrée sur la relation entre un astronaute bourru et une androïde à l’apparence enfantine. Personne ne l’attendait vraiment après des années de silence depuis son annonce en 2020, et pourtant le jeu s’impose comme l’une des belles surprises de ce début d’année.
Une histoire intimiste dans un décor hostile
Vous incarnez Hugh Williams, membre d’une équipe d’investigation envoyée sur une station de recherche lunaire qui a brutalement cessé toute communication. À l’arrivée, c’est le chaos : l’IA hostile IDUS a pris le contrôle total des installations, transformant les lieux en un piège mortel peuplé de drones, de machines corrompues et de pièges automatisés.

Rapidement, Hugh croise la route de Diana (DI-0367), une androïde conçue pour ressembler à une petite fille. Ce duo improbable devient le centre névralgique du jeu. Hugh, pragmatique, grognon et traumatisé par son passé, contraste parfaitement avec l’innocence, la curiosité et parfois la naïveté désarmante de Diana. Leurs interactions, riches en dialogues bien écrits, apportent une véritable humanité à cet environnement glacial et métallique.

Capcom réussit ici quelque chose de rare : construire une relation père-fille (ou plutôt protecteur/protégée) crédible et touchante sans tomber dans le pathos facile. Les moments de calme, où l’on explore la station tout en discutant, sont aussi importants que les séquences d’action. Le scénario aborde avec sincérité des thèmes comme la solitude, la parentalité, la nature de la conscience, l’IA et ce qui définit « être vivant ». Sans être révolutionnaire, l’histoire reste cohérente, bien rythmée et émouvante, surtout dans sa dernière ligne droite. Quelques twists sont prévisibles, mais l’ensemble touche juste.



La durée de vie est parfaitement calibrée : comptez 12 à 15 heures pour l’aventure principale, et jusqu’à 18-20 heures si vous voulez tout explorer, farmer les collectibles (journaux, enregistrements, upgrades) et débloquer les fins alternatives. C’est ni trop court, ni inutilement long.
Un gameplay hybride brillant et addictif
Si l’histoire fait le job, le gameplay est la véritable star de Pragmata. Capcom n’a pas créé un simple shooter third-person : le studio propose un véritable hack-and-shoot hybride extrêmement bien pensé.
Hugh dispose d’un arsenal classique (pistolet, fusil d’assaut, shotgun, armes lourdes) avec un gunplay typiquement Capcom : lourd, précis, jouissif. Le recul est bien marqué, les impacts ont du poids, et les armes gagnent en puissance au fil de la progression grâce à un système d’upgrades solides.
Mais le vrai sel du jeu réside dans la dualité avec Diana. Vous pouvez la déployer à tout moment. Une fois connectée, elle hacke les ennemis ou les systèmes environnants pendant que Hugh continue de tirer et de se déplacer. Le hacking prend la forme de mini-puzzles en temps réel (assemblage de circuits, résolution de flux de données, puzzles de tuiles) qui affaiblissent les adversaires, les paralysent ou ouvrent de nouvelles voies.


Ce multitasking permanent crée une tension délicieuse. Il faut gérer sa couverture, son rechargement, ses esquives, tout en gardant un œil sur l’interface de Diana. Les combats deviennent à la fois stratégiques et frénétiques. Les boss fights, en particulier, sont des pièces d’anthologie : des affrontements épiques qui demandent une coordination parfaite entre les deux personnages. Certains boss exigent même de switcher rapidement entre contrôle direct de Diana et soutien de Hugh.
Le level design alterne habilement entre sections plus linéaires (corridors old-school) et zones semi-ouvertes à explorer. On sent clairement l’influence des jeux d’action de l’ère 360, mais modernisée avec une verticalité intéressante et une bonne dose d’exploration. Les environnements lunaires sont froids, austères, mais magnifiquement détaillés : jeux de lumière saisissants à travers les baies vitrées, particules de poussière, reflets sur les combinaisons spatiales… Le RE Engine fait encore des merveilles.



Sur le plan technique, le jeu tourne très bien partout. Sur PS5 et PC, on profite d’un 60 fps solide (voire plus) avec des graphismes haut de gamme. La version Switch 2, bien qu’en retrait visuellement, reste très jouable en mode portable comme en docké, ce qui est appréciable pour une production de ce calibre.
Points forts et points faibles
Les points positifs :
- Un système de combat hybride unique et profondément satisfaisant.
- La relation Hugh/Diana, pilier émotionnel et narratif du jeu.
- Un gunplay lourd et précis, digne de Capcom.
- Des boss mémorables et variés.
- Une direction artistique froide mais magnifique.
- Une durée de vie idéale et une rejouabilité correcte.
- Des environnements immersifs et une bande-son efficace (musique d’ambiance tendue et thèmes plus mélancoliques).
Les points négatifs :
- Une structure parfois un peu old-school avec quelques allers-retours redondants.
- Un scénario qui reste convenu malgré sa sincérité.
- Quelques pics de difficulté mal dosés (certains boss frustrants sans la bonne stratégie).
- La voix de Diana (surtout en anglais) peut parfois agacer sur la durée.
- Un léger sentiment de répétitivité dans les dernières heures si on ne varie pas les approches.
Verdict final
Pragmata est une réussite inattendue. Capcom a osé avec une nouvelle IP et livre un titre personnel, technique et surtout fun. Le mélange de tir et de hacking en temps réel est brillant et pourrait bien influencer le genre. Dans un paysage vidéoludique souvent saturé de formules répétitives, ce jeu respire la fraîcheur tout en assumant ses influences 360-era.
Que vous soyez fan de shooters narratifs comme The Last of Us (pour l’aspect relationnel) ou de jeux d’action pure comme Devil May Cry (pour le feeling), Pragmata a de quoi séduire. C’est le genre de jeu qui vous reste en tête longtemps après le générique de fin, grâce à ses personnages attachants et son gameplay intelligent.

















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