Hell is Us est un jeu d’action-aventure à la troisième personne développé par le studio français Rogue Factor et édité par Nacon. Après une première annonce en 2022, il débarque enfin le 4 septembre 2025 sur PlayStation 5, Xbox Series et PC, porté par une direction artistique ambitieuse et la promesse d’une expérience hors des sentiers battus.
Mené par Jonathan Jacques-Belletête, connu pour son travail en tant que directeur artistique sur Deus Ex: Human Revolution et Mankind Divided, Hell is Us nous plonge dans un monde ravagé par une guerre civile, dévasté par des phénomènes surnaturels et peuplé de créatures énigmatiques. Ici, pas de carte, pas de boussole : l’exploration se veut organique, guidée par la curiosité et l’instinct.
Reste à voir si Hell is Us, avec son gameplay orienté corps-à-corps et sa narration cryptique, réussira à tenir ses promesses. Le studio français peut-il s’imposer dans un genre déjà bien occupé ? Et surtout : cette expérience singulière saura-t-elle séduire un public en quête de fraîcheur et de mystère ?
Fiche du jeu Hell is Us
| Edité par | Nacon | PEGI | 16 |
| Développé par | Rogue Factor | Fourni par l’éditeur | Oui |
| Date de sortie | 4 septembre 2025 | Testé sur | PS5 PRO |
| Plateformes | PlayStation 5, Xbox Series, PC | Style | Action/Aventure |
Une aventure sans boussole
Dès que l’on lance Hell is Us, on comprend vite que le jeu ne va pas nous prendre par la main. Pas de carte, pas de balises, rien qui nous indique où aller ou quoi faire. Cette absence totale de repères est un pari audacieux qui place notre vigilance, notre observation et notre instinct au cœur de l’expérience.
On plonge dans un univers post-apocalyptique marqué par une guerre civile et des phénomènes surnaturels. Ruines industrielles, forêts brumeuses et bases militaires abandonnées se succèdent, et chaque détail, chaque bruit peut devenir un indice. Pour avancer, il faut apprendre à écouter, à observer et à se repérer sans aucune aide visuelle. Cette errance, cette solitude, renforcent notre immersion dans la peau de Rémi, un homme en quête de vérité au milieu du chaos.





Un gameplay tranchant et immersif
En incarnant Rémi, on ressent son passé lourd, sa recherche de rédemption. Son sabre mystérieux devient notre unique arme face aux Aberrations, ces créatures surnaturelles que les armes classiques ne peuvent vaincre. Le drone qui l’accompagne ne joue pas le rôle d’un GPS : il délivre seulement des indices subtils, jamais directs, ce qui nous pousse à rester attentifs et à interpréter ce monde déformé à notre manière. Cette alliance entre combat et exploration sensorielle crée une dynamique immersive où chaque geste compte.
Les combats sont nerveux, exigeants, demandant précision et patience. Chaque affrontement devient un duel où il faut observer, anticiper et agir au bon moment. La difficulté est relevée, et c’est à nous de nous adapter et d’apprendre sans système de progression traditionnel.
Cependant, on regrette que le bestiaire reste assez limité, reposant essentiellement sur quelques variantes des mêmes Aberrations. Cette limitation peut atténuer la diversité des affrontements, un point à garder en tête.
Les énigmes, elles, s’intègrent naturellement à l’environnement et à la mémoire de Rémi. Elles invitent à connecter chaque fragment de souvenir et chaque recoin du décor à l’histoire qui se dessine lentement. Ce ne sont pas de simples casse-têtes artificiels, mais des morceaux du récit à assembler.





Une narration sensorielle et cryptique
La narration, très elliptique, évite les dialogues explicatifs ou les longues cinématiques. Elle se dévoile peu à peu, à travers les lieux, les sensations, les fragments de mémoire et une ambiance oppressante. Ce récit minimaliste invite à interpréter et ressentir des thèmes lourds comme le deuil, la culpabilité et l’identité avec sobriété, plutôt que de tout expliquer.
Techniquement, le jeu impressionne grâce à l’Unreal Engine 5 qui donne vie à des environnements magnifiques et inquiétants. La lumière et les textures participent pleinement à cette atmosphère singulière. La direction artistique, volontairement abstraite, accentue l’idée que l’on évolue autant dans un monde mental que physique.
L’ambiance sonore immersive fait de chaque bruit un signal à ne pas négliger, renforçant le sentiment d’être seul dans un espace hostile.





Une expérience exigeante, accessible et personnalisable
Hell is Us propose trois modes de difficulté — facile, moyen et difficile — permettant à chacun de choisir le challenge qui lui convient. Le jeu offre également plusieurs paramètres d’accessibilité pour s’adapter aux besoins des joueurs.
Pour ceux qui souhaitent une expérience encore plus corsée, un mode « Souls » est disponible : il efface la progression entre deux points de sauvegarde, intensifiant ainsi la tension et la stratégie lors des affrontements. Cette diversité de réglages permet de se créer une expérience sur mesure, à la fois exigeante et respectueuse des attentes.
Le choix de ne pas fournir d’aides classiques peut toutefois dérouter. On peut parfois se perdre, sans toujours savoir si c’est voulu ou lié à la conception du level design. Mais c’est cette exigence qui rend l’expérience si authentique et satisfaisante pour ceux qui aiment être défiés.





L’oeil du chasseur sur Hell is Us
Le jeu propose 41 trophées à récupérer, avec une liste assez limpide : il suffira de faire le 100 % du jeu pour les obtenir. Plusieurs trophées sont liés à la progression dans l’histoire, tandis que le reste se débloquera naturellement, comme ceux liés à l’élimination de certains ennemis, au déblocage des armes ou aux différentes améliorations.
La partie la plus fastidieuse sera la collecte des objets et la réalisation des objectifs secondaires. Certains événements ne seront disponibles qu’à des moments précis de l’aventure, tandis que d’autres disparaîtront après certains passages. À moins d’être téméraire et chanceux, un guide précis sera nécessaire pour découvrir tous les secrets du jeu et atteindre le 100 %.
Le jeu donnant peu d’indications, la durée de l’expérience variera selon la capacité à se repérer et à explorer minutieusement les différentes zones. On peut le terminer en une vingtaine d’heures, mais l’aventure pourra s’étendre jusqu’à une cinquantaine d’heures pour ceux qui veulent tout explorer.





















