Nioh 3 est un Action-RPG édité par Koei Tecmo et développé par Team Ninja. Le studio japonais s’est imposé comme l’un des maîtres du gameplay exigeant grâce à Ninja Gaiden, avant de marquer durablement le genre avec Nioh et Nioh 2. Deux titres acclamés pour la profondeur de leur système de combat, leur richesse mécanique et une difficulté qui ne fait aucun cadeau.
Depuis, le studio a continué d’affiner sa formule. Wo Long: Fallen Dynasty a misé sur une approche plus nerveuse et centrée sur la parade, tandis que Rise of the Ronin a tenté une structure plus ouverte, sans abandonner l’exigence maison. Deux expériences que nous avons testées sur le site, et qui montrent l’évolution constante de Team Ninja.
Avec Nioh 3, le studio ne cherche pas à tout réinventer. L’idée est plutôt de repartir de ce qui fonctionnait parfaitement dans les deux premiers épisodes, et d’y injecter ce qu’il a appris sur ses productions récentes. Plus dense, plus précis, mais toujours aussi exigeant. Ici, on ne prend pas le joueur par la main.
Dans Nioh, la progression a toujours reposé sur l’apprentissage et la maîtrise. On tombe, on ajuste, on avance. C’est ce qui a forgé l’identité de la série. Reste maintenant à voir ce que ce troisième opus apporte réellement de nouveau, et surtout si la formule fonctionne toujours aussi bien en 2026.
Fiche du jeu Nioh 3
| Edité par | Koei Tecmo | PEGI | 18 |
| Développé par | Team Ninja | Fourni par l’éditeur | Oui |
| Date de sortie | 06 février 2026 | Testé sur | PS5 |
| Plateformes | Playstation/Steam | Style | Action RPG |
Quand la dark fantasy rencontre le Japon historique
Nioh 3 reprend l’esprit visuel de ses prédécesseurs, mais pousse encore plus loin l’immersion dans le Japon féodal teinté de dark fantasy. Les décors sont variés et riches : villages enfumés, temples en ruines, champs de bataille ravagés et montagnes embrumées servent de cadre à des missions toujours plus spectaculaires. La verticalité des niveaux et les zones semi-ouvertes permettent d’explorer autrement, sans jamais perdre le joueur dans des espaces trop vastes. Chaque lieu raconte quelque chose, et la lumière dynamique ainsi que les effets météorologiques renforcent cette ambiance oppressante et mystérieuse.
Techniquement, le jeu propose deux modes graphiques sur PS5 : priorité à la résolution ou à la fluidité. Le mode résolution génère un léger flou, assez désagréable visuellement, mais n’a quasi aucun impact sur les timings ou la jouabilité. En pratique, le mode fluide reste la meilleure option pour profiter d’une image nette et d’une expérience parfaitement stable.
Les cinématiques sont de très bonne qualité et les doublages japonais participent à l’immersion sans jamais gêner le rythme du jeu. Les dialogues sont concentrés dans ces séquences, laissant le joueur libre pendant l’action.
Dans l’ensemble, Nioh 3 n’est peut-être pas le plus spectaculaire visuellement comparé aux derniers AAA, mais sa direction artistique, cohérente et travaillée, rend chaque mission lisible et agréable à parcourir. On reconnaît le soin apporté aux détails et la volonté de mettre le gameplay au centre de l’expérience, sans sacrifier l’ambiance.





Samouraï ou Ninja ? Il n’y a qu’un pas
Dès les premières minutes, Nioh 3 impose son rythme. Les combats demandent attention et précision, et chaque adversaire, même basique, peut surprendre si l’on se contente de frapper sans observer. Le système de postures et de barre d’Esprit, déjà central dans les précédents opus, évolue ici avec une double approche :
- Posture Samouraï : fidèle à Nioh et Wo Long, elle repose sur un équilibre entre attaques puissantes, parades et esquives calculées. Cette posture exige patience et maîtrise, et reste idéale pour les joueurs habitués aux mécaniques classiques de la série.
- Posture Ninja : totalement nouvelle, elle privilégie la mobilité et les esquives rapides, offrant une approche plus accessible et dynamique. Elle permet également d’utiliser le Ninjutsu, ajoutant des attaques spéciales et des techniques tactiques qui enrichissent les combats.
Mieux encore, le joueur peut passer instantanément d’une posture à l’autre en appuyant sur une touche, offrant un dynamisme fou. Cela permet de changer radicalement de stratégie au sein d’un même combat, y compris contre un boss, sans jamais avoir à repasser par un menu. Cette fluidité ajoute une dimension tactique supplémentaire et rend chaque affrontement plus vivant et imprévisible.



La barre d’Esprit, centrale au gameplay, continue de jouer un rôle stratégique : elle évolue selon les attaques et parades, permettant d’enchaîner des combos dévastateurs ou de briser la garde ennemie. La vitesse des affrontements est plus soutenue que dans Nioh 2, avec un ressenti nerveux proche de Wo Long, mais sans jamais sacrifier la profondeur du système de combat. Les fenêtres pour parer et contrer sont serrées, ce qui récompense la concentration et l’apprentissage progressif.
Les boss, quant à eux, restent des moments forts : patterns variés, attaques puissantes et barres de vie à gérer demandent patience et observation. Rien n’est laissé au hasard, et chaque défaite apporte un enseignement concret pour le prochain essai. Heureusement, le jeu permet de faire appel à des spectres d’autres joueurs contrôlés par l’IA, ce qui offre un soutien appréciable lors des combats les plus difficiles, tout en restant fidèle à l’expérience solo.
Enfin, la sensation “manette en main” est excellente. Les contrôles répondent instantanément, les animations sont lisibles, et la réactivité du personnage donne l’impression d’avoir un vrai contrôle sur chaque situation. L’ensemble reste exigeant, mais la progression, basée sur l’apprentissage et l’expérience, se fait de manière naturelle et gratifiante. Nioh 3 parvient ainsi à conjuguer vitesse, précision et profondeur dans des combats qui ne perdent jamais en intensité.



Explorer pour progresser : le cœur de Nioh 3
Nioh 3 mise avant tout sur l’exploration, transformant chaque région en terrain de découverte et de progression. Le monde est un open world fragmenté en zones interconnectées, chacune offrant plusieurs paliers d’exploration. Avancer dans un palier ne se limite pas à “voir la carte” : chaque étape récompense le joueur de manière concrète.
Un palier peut révéler l’intégralité de la carte, un autre met en lumière les points d’intérêt encore inexplorés, tandis que d’autres offrent des bonus de statistiques qui renforcent nettement le personnage. Ce système fait de l’exploration le cœur de la progression, incitant naturellement le joueur à fouiller chaque recoin pour maximiser ses capacités avant d’affronter les ennemis les plus coriaces.



L’exploration se combine à un système de RPG très complet. Chaque arme, armure ou accessoire influence le personnage, et des synergies entre équipement et statistiques permettent d’optimiser son style de jeu. Chaque type d’arme dispose de son arbre de talents, et les postures possèdent également leurs propres améliorations. À cela s’ajoute la forge, qui permet de personnaliser et perfectionner ses armes pour obtenir des bonus précis.
Le résultat est une formule riche, parfois complexe, mais accessible : un joueur novice pourra profiter pleinement de l’aventure sans se perdre dans ces mécaniques, tandis qu’un joueur désireux de tout optimiser pourra pousser le personnage à son paroxysme, expérimenter différentes combinaisons et tirer pleinement parti de la profondeur du système.
Chaque région regorge de décors variés, d’ennemis spécifiques et de mini-histoires, offrant des opportunités tactiques et narratives. Même après la fin de l’histoire principale, toutes les zones restent ouvertes, permettant de compléter les objectifs manqués, optimiser son équipement et tester de nouvelles stratégies, garantissant ainsi une rejouabilité motivante et naturelle.





L’œil du chasseur sur Nioh 3
Comme souvent avec la série, Nioh 3 n’est pas un jeu à prendre à la légère… mais la chasse aux trophées est, elle, plutôt bien calibrée pour ceux qui aiment compléter un titre sans se heurter à des objectifs absurdes. Le jeu propose 51 trophées au total (1 Platine, 2 Or, 10 Argent, 38 Bronze).
La progression reste assez classique. Une première partie des trophées tombera naturellement en avançant dans l’histoire et en développant son personnage. Viendra ensuite la phase de nettoyage des différentes régions, nécessaire pour débloquer les trophées liés aux collectibles, aux affrontements contre les maîtres et aux monstres spéciaux.
Certains succès demandent également d’exploiter des mécaniques spécifiques qui se débloquent au fil de l’aventure : accès au forgeron, association d’âmes, optimisation d’équipement ou complétion des mythes, assimilés ici à des quêtes secondaires.
En clair, il faudra terminer le jeu à 100 %. Mais aucun trophée n’est définitivement manquable : toutes les missions restent accessibles après la fin de l’histoire grâce au système de replay.
Les habitués du genre pourront viser le Platine en une cinquantaine d’heures. Les joueurs plus novices mettront davantage de temps, mais l’ensemble reste plus accessible que ses aînés. Pas de mur de difficulté artificiel, pas de grind interminable : une complétion exigeante, mais cohérente. Et surtout, du plaisir jusqu’au bout.



















